L’animal sauvage, (f)acteur mal-visible du paysage : agrosylvopastoralisme dans le Morvan et agroforesterie à Sumatra

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Pour citer ce document :
URI: http://hdl.handle.net/2042/70828  |   DOI : https://doi.org/10.4267/2042/70828
Title: L’animal sauvage, (f)acteur mal-visible du paysage : agrosylvopastoralisme dans le Morvan et agroforesterie à Sumatra
Author: Bing, Jean-Baptiste
Abstract: Certes fort différents sociologiquement et écologiquement, le Morvan et les Bukit Barisan Sud (Sumatra) forment deux massifs de moyenne montagne que lie une analogue pression monoculturale sur les forêts locales, appauvrissant la complexité paysagère autant que la biodiversité. Or si les relations des occupants des lieux (habitants, mais aussi professionnels : paysans, forestiers... – ou occasionnels : chasseurs urbains, touristes...) avec la faune sauvage sont dépendantes de cette rupture de rythme et d’équilibre, elles peuvent aussi contribuer à y réagir. Parmi les très nombreux types de sylvosystèmes présents sur ces deux territoires et les milliers d’espèces « sauvages », nous mettrons la focale sur deux « moments » exemplaires : les incursions de la petite et moyenne faune dans les exploitations agrosylvopastorales (bocage morvandiau dans les communes d’Anost et Château-Chinon, largement enserrées dans les forêts, et agroforêts du plateau de Liwa et des piémonts de la cordillère sumatranaise) ; la rencontre avec cette figure du sauvage qu’est le sanglier (Sus scrofa dans le Morvan et Sus barbatus à Sumatra), qui met en jeu les notions de pureté et d’impureté. À travers l’étude de ces deux « moments », nous verrons comment la question foncière et la « dénaturation du sauvage » se révèlent comme symptômes d’une crise de la gouvernance des forêts et des sylvosystèmes locaux. Fruit de plusieurs années passées sur les deux terrains, cette contribution se situe à la croisée des courants humaniste en géographie et mésologique. Elle interrogera ainsi les représentations du paysage et de ses évolutions, notamment en termes de présence de la faune, qui orientent le devenir de ces espaces en influant sur les actions à mener. Pour cela, nous croiserons plusieurs médias, recueillis lors de moments partagés avec habitantes et habitants : langues locales et nationales, vocabulaire spécifique à certaines catégories de population, récits, parcours commentés, interprétations paysagères – autant de portes qui ouvrent la diversité des milieux vécus, en dépit d’une unicité de l’écosystème commun auquel tous font face.While the Morvan and southern Bukit Barisa (Sumatra) are very different in sociological and ecological terms, they are both medium elevation mountainous massifs where local forests are subjected to similar stresses deriving from single-crop cultivation that have depleted both the complexity of the landscapes and biodiversity. The relations of the occupants of these places (inhabitants as well as professionals – farmers, foresters – and occasional visitors – city-dwelling hunters, tourists, etc.) with wild animals are affected by this breakdown in rhythm and balance, but they can also contribute to remedying this state of affairs. From among the very numerous types of forestry systems that exist on these two territories and the thousands of “wild” species, we here focus on two “special” moments: incursions by small and medium-sized wild animals into the agrosilvo- pastoral farms (Morvan bocage in the Anost and Château-Chinon municipalities largely surrounded by forests, and into agroforests of the Liwa plateau and the piedmont of the Sumatran cordillera), and the encounter with the emblematic figure of wildness embodied by wild boar (Sus scrofa in the Morvan and Sus barbatus in Sumatra), with its connotations of purity and impurity. A study of these two “moments” shows how land tenure issues and the “denaturalization of wildlife” are symptomatic of a crisis in forest governance and of local forestry systems. This contribution, which is the outcome of several years spent in both localities, lies at the crossroads between humanist thinking in geography, and mesology. It explores representations of landscapes and changes in the latter, in particular when wild animals are present, affecting how these spaces evolve by influencing the actions taken. For that purpose, we use a combination of several media, recorded during shared moments with the inhabitants both male and female: local and national languages, terminology specific to certain categories of population, narratives, itineraries with commentary, landscape interpretations – all doors that open out on to the diversity of living environments, despite the singleness of the shared ecosystem they all face.
Publisher: AgroParisTech, Nancy, France
Date: 2019

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