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Abstract:
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L’incidence du Cancer Colorectal (CRC) en France est estimée à 36.257 cas et sa prévalence à 200.000 patients. Le but de ce travail est
d’évaluer la place des Hépatogastroentérologues libéraux (HGEL) dans la prise en charge du CCR et de préciser les spécificités de la filière
libérale. Il s’agit d’un observatoire de pratique reposant sur la signalisation prospective des patients sur une période donnée ; parmi les
1 971 HGEL initialement sollicités, 441 (22,4%) ont inclus sur 5 jours 1 250 patients vus pour CCR quel qu’en soit le motif (consultation,
échographie, endoscopie, chimiothérapie, suivi…). L’échantillon des praticiens a été corrigé pour l’âge, le sexe, la zone et le type d’exercice
médical (privé ou mixte) sur la base des données démographiques disponibles fin 2004 (CARMF et CNOM). Les données brutes ont été
ensuite extrapolées à la totalité des HGEL et sur une année entière, sur la base de 44,5 semaines travaillées. L’incidence a été standardisée par
rapport à la population mondiale de référence. L’évaluation de la prévalence a tenu le compte de la fréquence moyenne du suivi des patients.
L’analyse statistique des données a été réalisée par la société Stethos.
La cohorte initiale comporte 722 hommes (57,8%; âge moyen : 68,2 ans) et 528 femmes (42,2%; âge moyen 67,9 ans) dont 587 cas
incidents (hommes : 324, femmes : 263). Après extrapolation, l’incidence brute est de 29.799 cas (hommes : 16.448, femmes : 13.351). Les taux
bruts d’incidence sont de 57.7/105 chez l’homme, 44.2/105 chez la femme ; les taux d’incidence standardisés sont respectivement de 35.7/105 et
25/105. Sur la base d’un suivi médian de 9.9 mois, la prévalence de la maladie est estimée à 203.518 patients, c’est-à-dire 346.6/105 ou 0.35% de
la population française.
Le diagnostic du CCR se fait majoritairement au stade des symptômes (84.4 %) ; 4 648 nouveaux cas sont diagnostiqués par an à
l’occasion d’un dépistage individuel ; 1.2%seulement le sont dans le cadre d’un dépistage de masse organisé soit 357 cas annuels. Il existe un
moindre enregistrement de cas dans les tranches d’âges avancés, particulièrement chez la femme : 16,1% de cas chez les patients de plus de
80 ans vs 24,3% dans les statistiques des registres et une majorité de cancers sont découverts à un stade précoce limité à l’organe (61.9 %).
Parmi les nouveaux cas, une coloscopie avait été réalisée par le passé dans 18% des cas dont 6% durant les 12 derniers mois. Le taux de
recours à la chirurgie est de 95,2%. Le stade tumoral est connu chez 96,9% des patients opérés soit 92,2%de la population globale ; stade I :
34,3%, stade II : 27,6%, stade III : 24,8%, stade IV : 13,3%. Une chimiothérapie est réalisée chez 48,5% des patients ; en adjuvant, le taux
est de 57,4% pour les stades III et de 30%pour les stades II. Le nombre de patients réellement inclus dans des essais thérapeutiques est très
faible (4 %).
L’activité des HGEL dans la prise en charge des cancers colorectaux en France représente annuellement 238.654 actes médicaux, parmi
lesquels 15.011 pour le bilan d’extension, 31.115 pour le traitement et 149.044 pour la surveillance. Ils réalisent au total 85.438 consultations,
53.458 échographies et 80.187 coloscopies. 15.035 séances de chimiothérapies sont effectuées chaque année représentant 6,3% de l’activité
médicale des HGEL et 4108 patients. Avec 29.799 nouveaux cas chaque année en France, les HGEL sont à l’origine du diagnostic de plus de
3 CCR sur 4 dans notre pays.
En conclusion, cet observatoire de pratique montre que les HGEL français sont fortement impliqués dans la prise en charge du CCR
tant au niveau du diagnostic et du dépistage que du suivi. Avec presque 30.000 nouveaux cas par an seulement pour la filière libérale en 2005,
l’incidence du CCR reste élevée et la prévalence a augmenté pendant la dernière décennie. La méthodologie utilisée ici, appliquée à
l’ensemble de la profession, permettrait de surveiller de manière simple et régulière l’incidence du CCR en France en complément des
données fournies par les registres de tumeurs. |