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L’exploitation de la basse vallée du Sénégal (quartier d’hiver tropical) par trois espèces de canards paléarctiques et éthiopien

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Pour citer ce document :
URI: http://hdl.handle.net/2042/58338
Title: L’exploitation de la basse vallée du Sénégal (quartier d’hiver tropical) par trois espèces de canards paléarctiques et éthiopien
Author: Roux, Francis; Maheo, Roger; Tamisier, Alain
Abstract: La basse vallée du Sénégal représente un ensemble de milieux aquatiques situés en zone aride sahélienne, et alimentés par la crue du fleuve. Les surfaces inondées sont maximales en octobre (moyenne et basse vallée) et résiduelles dans le delta en mars. Pendant cette période, cette zone constitue un quartier d’hiver très important pour plusieurs espèces éthiopiennes (dont le Dendro- cygne veuf Dendrocygna viduata) et 2 espèces paléarctiques (la Sarcelle d’été Anas querquedula et le Canard pilet A. acuta). Les effectifs maximaux sont respectivement de l’ordre de 35 000, 120 000 et 100 000. Cette région, prospectée par l’un de nous (F.R.) depuis 1958, a fait l’objet d’études suivies pendant la saison 1974- 1975 (5 mois de séjour) et 1975-1976 (2 mois de séjour) et donné lieu à des journées continues d’observations (total 140 h) pour la définition des exigences étho-écologiques de ces 3 Canards. La population sénégambienne de Dendrocygnes veufs, inféodée à la zone tropicale pendant tout le cycle annuel, se rassemble en totalité dans le delta en novembre. Ces Canards exploitent essentiellement les bordures des marais et du fleuve où ils se tiennent le plus souvent sur pieds, près de la ligne de rivage. Ils quittent le delta à la mi-février. Les Sarcelles d’été se concentrent dès la fin septembre dans les zones d’inondation de la moyenne vallée qu’elles sont seules à exploiter. Après la décrue, elles se rassemblent dans le delta sur les mares à Nymphéas (stationnement sur pieds sur les feuilles flottantes) ou sur les bordures des étangs. Elles quittent le Sénégal en mars. Les Filets sont exclusivement liés à la basse vallée où ils forment, de novembre à mars, une seule concentration mobile en fonction des niveaux d’eau, mais toujours situés sur les plans d’eau les plus vastes et les plus dégagés. Ces trois espèces ont en commun : une large dominance d’activités de confort pendant la journée avec de longues phases d’exposition au soleil, une activité alimentaire essentiellement ou exclusivement nocturne, une localisation différente pour les remises diurnes et les gagnages nocturnes, un grégarisme diurne permanent (jusqu’à 100000 individus sur le même plan d’eau). Ces constantes, déjà observées par les auteurs sur d’autres espèces et sur d’autres quartiers d’hiver (Camargue, Louisiane, Morbihan) correspondent à des exigences fondamentales pour les Canards en période hivernale. Elles sont ici identiques pour des espèces appartenant à deux groupes fauniques distincts. Les Dendrocygnes se distinguent néanmoins par la persistance de leur structure familiale au sein de ces rassemblements. Les deux espèces paléarctiques, compte tenu de leurs effectifs et de la durée de leur séjour, exercent sur la basse vallée du Sénégal un impact sensiblement plus fort que l’espèce éthiopienne. La compétition entre les 3 espèces semble largement évitée par des périodes de présence partiellement différentes et par des différences d’habitat nettement caractérisées. Ce quartier d’hiver se dis tingue de ceux situés en zone tempérée par 3 aspects : les facteurs limitants, liés aux niveaux d’eau agissent par saturation de l’espace en fin de saison hivernale, la zone d’accueil se déplace dans le courant de la saison sur 400 km dans l’axe du fleuve, et sa capacité d’accueil est plus grande grâce à la plus forte productivité des milieux et à la moindre dépense énergétique des oiseaux (températures ambiantes plus élevées). Enfin l’hivernage des espèces paléarctiques en zone tropicale (indispensable à la survie des Sar celles d’été, favorable aux effectifs élevés des Filets), est favorisé par la sous-exploitation des ressources par les espèces éthiopiennes : celles-ci, peu abondantes, sont en effet limitées dans leurs effectifs par la sévérité et la grande variabilité des conditions du milieu pendant la phase estivale (période de reproduction).The lower Senegal basin, a varied wetland area in the arid West African sahelian zone, is inundated annually. The inunda tion area is of greatest extent in October, in the middle and lower basin, but by March is quite restricted in the delta itself. During that period the lower Senegal basin constitutes an important win tering ground for several ethiopian species (among them the White faced Tree Duck Dendrocygna viduata) and for 2 palearctic species (the Garganey Anas querquedula and the Pintail A. acuta). Maxi mum numbers are respectively about 35 000, 120 000 and 100 000. This region (prospected since 1958 by one of us, F.R.) was studied for 5 months in winter 1974-75 and for 2 months in winter 1975-76. Continuous daily observations totalling 140 hr provided data defi ning the etho-ecological requirements of the 3 duck species. The Senegambian population of the White-faced Tree Duck keeps in the tropical zone all year. They congregate in the delta in November, essentially inhabiting marshes and river banks, and leave the delta in mid-February. Garganey flock in the inun dation zone of the middle valley, which they alone use, as early as the end of September. When water levels fall, they gather in nymphéa marshes in the delta (standing on the floating leaves) or on the edges of large ponds. They leave Senegal in March. Pintail are strictly attached to the lower valley, where they concentrate form November to March on the widest and the most open areas, which change with the water level. These 3 species share several behavioural patterns: a predominance of comfort activities during the day with long phases of sun-facing; feeding mainly at night; a distinct location of diurnal resting places and nocturnal feeding areas; and permanent flocking (up to 100000 individuals on one body of water). These constants, already observed by the authors in other wintering species (in Camargue, Louisiana, Morbihan) are consi dered as fundamental requirements of wintering ducks. They are common to species belonging to 2 distinct faunal types. White faced Tree Ducks differ from the Anas species in the persistance of family groups within the flock. Recause of their abundance and the duration of their stay, the 2 palearctic species have a higher impact on the basin than the ethiopian species. Interspecific competition seems to be avoided by partly distinct periods of presence and by habitat preferences. This winter quarter differs from those in the temperate zone in 3 ways: space, depending on the water level, is limiting at the end of the season; their habitats move downstream over a distance of 400 km, with the flood along the river; and the carrying capacity is greater, due to higher productivity and to lower energy demands of the birds (higher ambient temperatures). Last, the wintering of palearctic species in this tropical zone (necessary for the survival of Garganey; promoting the abundance of Pintail) is permitted by the under-exploitation of resources by ethiopian species, whose numbers are limited by variable and adverse environmental pressures in summer (period of repro duction).
Publisher: Société nationale de protection de la nature et d'acclimatation de France, Paris (FRA)
Date: 1978

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