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Facteurs biologiques et structuraux de l’invasion de la liane Merremia peltata dans les habitats forestiers de Mayotte

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PDF RevuedEcologie_2015_70_Sup12_151.pdf 556.4Kb

Pour citer ce document :
URI: http://hdl.handle.net/2042/57893
Title: Facteurs biologiques et structuraux de l’invasion de la liane Merremia peltata dans les habitats forestiers de Mayotte
Author: Tassin, Jacques; Laizé, Alexandre
Abstract: Les lianes sont en général des éléments hyperdynamiques de la végétation tropicale qui réagissent fortement aux changements de structure des peuplements. À Mayotte (océan Indien occidental), la liane indigène Merremia peltata (Convolvulaceae) a fortement étendu son aire de répartition depuis quelques décennies et provoque parfois l’effondrement de la canopée forestière. Des relevés ont été assurés dans 52 placettes circulaires de 4 m de rayon disposées au sein de la forêt domaniale de Voundzé et de la forêt départementale des Monts Bénara, et recouvrant un gradient écologique d’enlianement à M. peltata, depuis des zones indemnes jusqu’à des situations localement très fortement enlianées. Les modes de propagation de la liane, la structure verticale des peuplements forestiers, mais aussi des paramètres d’ordre topographique y ont été relevés et quantifiés. Aucune plantule issue de reproduction sexuée n’a été observée. En revanche, les tiges rampantes, dont l’abondance est traduite par une densité s’élevant à 1,9 points d’interception par mètre linéaire, se révèlent systématiquement marcottées au sol. Un ensemble de 37 espèces végétales indigènes ont été recensées comme pouvant servir de support à cette liane, la plus fréquente étant Grisollea myrianthea. À partir de l’hôte primaire, dont le diamètre moyen et l’écart-type à 1,30 m sont de 6,0 et 4,9 cm, la liane rejoint un autre support en moyenne éloigné de 97 cm. L’indice d’enlianement et l’indice de structure forestière que nous avons utilisés, sommant les taux de recouvrement selon diverses strates de végétation, se sont révélés négativement corrélés (n = 52, coefficient de corrélation linéaire de Pearson r = - 0,319, P < 0,05). Les faciès de forêts dites naturelles, à structure verticale complexe, étaient de fait moins enlianés que les faciès relevant de forêts secondaires, à structure verticale plus lâche. La corrélation négative observée entre le même indice d’enlianement et l’altitude (n = 35, coefficient de corrélation linéaire de Pearson r = - 0,439, P < 0,05) s’interprète comme une relation se confondant avec la précédente, les forêts naturelles étant situées en altitude, contrairement aux forêts secondaires. L’enlianement des écosystèmes forestiers par M. peltata est donc facilité par une aptitude élevée à la propagation végétative, conjuguée à une plus forte propension des forêts secondaires à être colonisées. L’incertitude demeure quant au devenir des sites où cette liane a entraîné l’effondrement des peuplements forestiers. Seuls des écosystèmes inédits mêlés d’essences allogènes semblent pouvoir en émergerLianas are hyperdynamic elements of tropical vegetation that strongly react to changes in forest structure. In Mayotte (Western Indian Ocean), the indigenous vine Merremia peltata (Convolvulaceae) greatly expanded its range in recent decades and sometimes causes the collapse of the forest canopy. Surveys were conducted in 52 4 m-radius plots arranged in Voundzé forest and Bénara Monts Departmental Forest, along an ecological gradient of invasion of M. peltata from free to very strongly invaded areas. The propagation modes of the liana, the vertical structure of forest stands, but also topographic parameters, were identified and quantified. No plantlet resulting from germination was observed. The creeping stems, present in high density (1.9 stems / m) were systematically layered in the ground. A set of 37 native plant species have been recorded as supports, the most common one being Grisollea myrianthea. From the primary host, which has an average diameter of 6.0 ± 4.9 cm at 1.30 m above ground, the creeper joins another support remote of a mean distance of 97 cm. The index of colonization and the index of forest structure which were used, which sum the rate of vegetation cover at different heights, were negatively correlated (n = 52, Pearson coefficient r = - 0.319, P < 0.05). Natural forests, which show a complex vertical structure, were actually less colonized than secondary forests, which have a poorer vertical structure. The negative correlation between the same index of colonization and altitude (n = 35, Pearson coefficient r = - 0.439, P < 0.05) is interpreted as a relationship confused with the previous, as natural forests are located at altitude unlike secondary forests. The colonization of forest ecosystems by M. peltata is facilitated by a high aptitude for vegetative propagation, coupled with higher propensity of secondary forests to be colonized by lianas. Uncertainty remains about the future of the sites where this vine has led to the collapse of forest stands. However, only new ecosystems mixing indigenous and alien species, are expected to emerge
Publisher: Société nationale de protection de la nature et d'acclimatation de France, Paris (FRA)
Date: 2015

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